Revue de presse OpenStudio #106
La Revue de Presse mensuelle d’OpenStudio fait le tour de l’actualité de nos thématiques de prédilection : Intelligence artificielle, Développement Web, Open Source, E-commerce, Communication et Numérique responsable. Des sujets qui s’entrecroisent et nous donnent les dernières tendances du secteur du numérique et des nouvelles technologies.
Exit Windows et bonjour Linux !

Face à la politique imprévisible de Trump aux États-Unis, la question de la souveraineté numérique devient une priorité en Europe. Pour éviter cette dépendance aux géants américains de la tech, le premier ministre en France a donné pour mission à la DINUM (direction interministérielle du numérique) de « réduire les dépendances numériques extra-européennes de l’État ». La DINUM compte bien commencer le chantier par sa sortie de Windows. Les postes de travail des administrations de l’État passeraient donc sous le système d’exploitation open source Linux. La DINUM se base sur le succès de l’utilisation de Linux au sein de la gendarmerie nationale qui l’a adopté en 2008. Par ailleurs, la DINUM annonce que ce plan interministériel de « réduction des dépendances extra-européennes » va se traduire par l’obligation de « chaque ministère (opérateurs inclus) de formaliser son propre plan d’ici l’automne, portant sur les axes suivants : poste de travail, outils collaboratifs, antivirus, intelligence artificielle, bases de données, virtualisation, équipements réseau. »
La France annonce une étape cruciale vers sa sortie de Windows
Linux noyé sous des flots de signalements de bugs générés par l’IA
Le pilier mondial de l’open source montre des signes de tension selon le site lacremedugaming.fr. À l’occasion de l’annonce de Linux 7.1-rc4, Linus Torvalds a alerté sur la dérive de la mailing list de sécurité, devenue difficilement gérable sous l’effet d’un afflux massif de signalements générés par des outils automatisés et des modèles d’IA. En l’espace de deux ans, ces technologies ont passé au crible le noyau Linux, produisant une avalanche de rapports souvent redondants, adressés à un nombre limité de mainteneurs, majoritairement bénévoles. Cette surcharge a conduit à un durcissement des procédures de sécurité. Elle fait aussi planer des incertitudes sur certains composants historiques et accentue la pression sur l’organisation même de la gouvernance open source, dont l’équilibre pourrait être durablement affecté.
L’OCR à pleine puissance grâce au LLM

L’OCR, “Optical Character Recognition” ou “Reconnaissance optique de caractères” en français a énormément évolué depuis l’avènement des LLM. Théo Paput, data engineer chez OpenStudio a mené plusieurs projets avec les nouvelles technologies de l’OCR. Dans cet article du Lab OpenStudio, il nous éclaire sur le point de bascule technologique qui a mis un coup de boost impressionnant aux performances de l’OCR, avec un décryptage et des exemples concrets.
Intelligence artificielle : Grâce aux LLM, l’OCR explose ses performances
Savoir se servir de l’IA devient une compétence qui compte pour les recruteurs
Le marché de l’emploi ralentit globalement, mais une nouvelle ligne de fracture apparaît autour de l’intelligence artificielle. Selon une étude relayée par Les Clés du Digital, les recrutements reculent dans un contexte économique incertain, marqué par la hausse des coûts et le manque de visibilité des entreprises. En parallèle, les offres exigeant des compétences en IA progressent nettement, même si elles restent encore minoritaires, avec un retard notable en France par rapport à d’autres pays. Cette évolution traduit un basculement : la capacité à intégrer et utiliser l’IA devient un critère différenciant, voire déterminant, dans de nombreux métiers, y compris hors des fonctions techniques.
Maîtriser l’IA devient un critère de recrutement
Les e-commerçants au diapason pour ajouter un bouton de rétractation

Le site ecommerce-nation.fr fait le point sur l’ordonnance n°2026-2. À compter du 19 juin 2026, les acteurs du e-commerce en France devront intégrer une nouvelle exigence réglementaire : permettre aux clients d’exercer leur droit de rétractation directement en ligne, via leur site ou leur application. Cette évolution impose une expérience d’annulation aussi simple et fluide que celle de l’achat lui-même, traduisant une volonté claire du législateur d’aligner ces deux parcours. Au-delà de l’aspect juridique, cette obligation transforme le droit de rétractation en enjeu opérationnel majeur, impliquant des adaptations côté produit, expérience utilisateur, gestion de la relation client et logistique.
E-commerce : le bouton de rétractation devient obligatoire le 19 juin 2026
Shippingbo et Log’s élargissent leur collaboration
Sur voxlog.fr, on apprend que le spécialiste de la logistique Shippingbo renforce son partenariat avec Log’s. Leur collaboration va désormais étendre son positionnement au-delà des PME vers les segments midmarket et grands comptes. Les deux acteurs franchissent une nouvelle étape avec le développement d’un connecteur natif entre l’OMS de Shippingbo et le WMS de Hardis Supply Chain. Conçu par Shippingbo, cet outil a pour but de fluidifier la gestion des flux omnicanaux tout en s’appuyant sur les capacités d’exécution logistique du WMS d’Hardis. Log’s pourra ainsi déployer plus rapidement de nouveaux cas d’usage, sans remettre en cause les systèmes existants ni les investissements déjà engagés, tout en gagnant en efficacité opérationnelle.
Shippingbo renforce son partenariat avec Log’s autour de la logistique omnicanale
Le framework Astro racheté par Cloudflare
Cloudflare a annoncé l’acquisition du framework open source Astro, dédié aux sites orientés contenu. Les membres de l’équipe d’Astro rejoignent ainsi Cloudflare, tout en conservant l’indépendance du projet : celui-ci reste open source sous licence MIT, avec une gouvernance ouverte et une feuille de route publique. L’opération s’inscrit dans une logique de performance : Cloudflare met en avant l’impact du JavaScript côté client sur les temps de chargement, le référencement et les taux de conversion. Astro, conçu pour limiter ce poids en favorisant des rendus plus légers, continuera néanmoins à fonctionner sur différents environnements de déploiement, et pas uniquement au sein de l’écosystème Cloudflare.
Les pratiques de « détection et correction » et de « défense et report » ne suffisent plus

Les approches classiques de sécurité, fondées sur la détection et la correction ou sur la défense a posteriori, peinent désormais à suivre le rythme du développement logiciel moderne. Znet.fr a publié un article qui décrypte le changement de rythme qu’impose l’usage croissant de l’IA dans le codage, celui-ci s’inscrit dans une logique de déploiement continu, loin des cycles de mises à jour espacés d’autrefois. Dans ce contexte, chaque évolution, qu’il s’agisse d’un correctif, d’une mise à jour de dépendance, d’un changement d’infrastructure ou d’une intégration d’API, peut introduire de nouvelles vulnérabilités. Résultat : les équipes de sécurité traditionnelles se retrouvent dépassées par la vitesse à laquelle ces risques apparaissent, rendant leurs méthodes historiques de moins en moins adaptées.grands modèles
Réseaux sociaux : la start-up française Agorapulse gagne une bataille judiciaire contre X

Échec et mat pour la plateforme X dirigée par Elon Musk. Le tribunal des activités économiques de Paris a sanctionné X pour ses pratiques commerciales vis-à-vis de la start-up française de gestion des réseaux sociaux, Agorapulse. Le 7 mai dernier, les juges ont estimé que la forte hausse tarifaire imposée après une décennie de collaboration constituait une rupture brutale partielle des relations commerciales, tout en soulignant l’existence d’un déséquilibre significatif entre les deux entreprises. Le tribunal considère également que X se trouve en situation de quasi-monopole sur l’accès à ses données via son API, ce qui renforce sa position dominante. En conséquence, il lui est ordonné de rétablir un tarif mensuel nettement inférieur pour l’accès à cette API pendant une période limitée, ainsi que de prendre en charge une partie des frais de justice.
Agorapulse gagne son procès contre la plateforme X
Infomaniak ne pourra jamais être racheté : son indépendance garantie

« La technologie n’a de sens que si elle améliore la vie, respecte notre planète et renforce notre autonomie collective. » a déclaré Boris Siegenthaler, co-fondateur d’Infomaniak. Une philosophie qu’il confirme avec une décision très forte : le transfert de la majorité des droits de vote à une fondation d’utilité publique (Fondation Infomaniak), rendant toute tentative de rachat impossible. Infomaniak acte un tournant stratégique en verrouillant définitivement son indépendance. Cette décision garantit les engagements historiques de l’entreprise : respect de la vie privée, ancrage local et préoccupations environnementales, tout en garantissant à ses clients la stabilité d’un cloud suisse indépendant.
Ce choix met fin à un modèle de transmission progressive du capital aux salariés, jugé trop fragile face aux risques financiers et successoraux. Dans un contexte marqué par l’essor de l’IA, la consolidation du marché du cloud et les tensions géopolitiques, l’entreprise cherche ainsi à se protéger durablement des pressions extérieures et à sécuriser la gestion de données sensibles confiées par ses utilisateurs sur le long terme.
Infomaniak inscrit son indépendance et son ADN dans la durée