Comment OpenStudio a intégré l’IA dans ses processus de développement web

Publié le 01 octobre 2026
4 minutes de lecture
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L’IA oui, mais pas n’importe comment, pas au prix de la qualité de nos projets. En très peu de temps, l’intelligence artificielle a profondément changé la manière de travailler de nos développeurs. L’adaptation a dû se faire au pas de course, mais sans précipitation. Nous avons pris le parti d’intégrer des outils d’IA avec méthode et dans un cadre bien précis. Le but est de gagner du temps tout en remettant au centre de notre démarche : la compréhension du métier de nos clients. Notre CTO, Alexandre Nozière revient sur le travail effectué pour intégrer l’IA dans le développement de nos projets.

Alexandre Nozière, CTO OpenStudio

Aujourd’hui des outils comme Claude Code accélèrent considérablement la production de code, ce qui nous donne la possibilité d’explorer de nouvelles façons de concevoir, de développer et de maintenir des sites et applications. Toutes nos équipes de développement disposent désormais d’un accès à Claude et Claude Code et sont encouragées à expérimenter, à partager leurs pratiques pour faire évoluer leurs méthodes de travail.

Mais notre démarche ne consiste pas simplement à « utiliser de l’IA ». Elle repose sur une conviction : à mesure que le coût de production du code diminue, la valeur d’un projet numérique se déplace vers l’expertise, la compréhension du besoin et la capacité à concevoir une solution réellement pertinente.

L’IA change la valeur du développement

Pendant longtemps, une partie importante de la valeur d’un projet web ou applicatif résidait dans la capacité à produire du code : PHP, JavaScript, HTML, intégration, développement de fonctionnalités…Or, les outils d’IA générative sont désormais capables de produire une quantité importante de code, rapidement et avec un niveau de qualité qui progresse constamment.

« Cela ne signifie évidemment pas que les développeurs vont disparaître. En revanche, cela nous oblige à nous interroger sur ce qui fait réellement la valeur d’une équipe de développement. Car produire du code n’est qu’une partie du travail. »

Alexandre Nozière

Comprendre pourquoi un client formule une demande, identifier les véritables enjeux derrière cette demande, anticiper les conséquences d’un choix technique ou fonctionnel et construire une solution durable restent des compétences essentielles. C’est particulièrement vrai sur les projets sur-mesure (souvent complexes) : plateformes e-commerce BtoB, applications métier, interconnexions avec un ERP, systèmes d’information existants ou encore applications, que nous faisons évoluer depuis plusieurs années.

«  Une IA peut générer une fonctionnalité, mais elle ne connaît pas spontanément l’histoire du projet, les contraintes de l’entreprise, les arbitrages réalisés au fil des années ou les conséquences qu’une décision technique peut avoir sur l’ensemble du système. Cette connaissance constitue une véritable valeur. »

Alexandre Nozière

Notre métier n’est pas de « produire du code » mais de « concevoir la bonne solution »

Notre métier ne consiste pas uniquement à fabriquer chaque pièce d’un projet nous-mêmes. L’arrivée de l’IA qui prend en charge de plus en plus de tâches, nous amène encore davantage à faire valoir notre vrai rôle : la compréhension des besoins du client et leur traduction en spécifications techniques. Il ne suffit pas de prompter : « Claude développe cette fonctionnalité ».

« Le travail en amont pour construire une liste de spécifications les plus précises possibles n’a jamais eu autant de sens que depuis l’arrivée de l’IA dans notre métier. Il faut savoir ce que nous devons construire, donner les bonnes instructions aux outils, contrôler les résultats et à conserver la maîtrise de la solution finale. »

Alexandre Nozière

Un développeur peut désormais demander à un agent IA de produire une première implémentation, d’analyser une base de code, de proposer une architecture ou encore d’identifier des pistes d’amélioration. Mais il doit être capable de challenger ces propositions :

  • Est-ce réellement adapté au projet ?
  • Est-ce cohérent avec l’architecture existante ?
  • Quel sera l’impact sur les performances ?
  • La sécurité a-t-elle été correctement prise en compte ?
  • Cette solution répond-elle véritablement au besoin du client ?
  • Que se passera-t-il lorsqu’il faudra la maintenir ou la faire évoluer ?

Pour obtenir des résultats pertinents, il est nécessaire de fournir à l’IA le bon contexte, de découper un problème complexe, de formuler des objectifs précis, de lui demander de questionner une approche ou de comparer plusieurs solutions. Il faut également savoir vérifier ce qu’il produit. Avec des agents capables de produire beaucoup plus rapidement, le risque change d’échelle. Si le besoin de départ est incomplet ou ambigu, l’IA va produire très rapidement… la mauvaise solution.

« Nous travaillons donc sur ces nouveaux usages : agents, skills, workflows, méthodes de travail et capitalisation des connaissances. L’objectif est de construire progressivement une stack Claude-OS, c’est-à-dire un environnement et des pratiques qui permettent d’intégrer l’expérience accumulée par OpenStudio dans notre utilisation des outils d’IA, c’est-à-dire, notre connaissance des projets, des métiers de nos clients, de l’e-commerce, des applications métier, des architectures techniques, des problématiques rencontrées et des solutions que nous avons développées au fil des années. »

Alexandre Nozière

Une IA au service de l’expertise métier

Pour OpenStudio, l’objectif n’est donc pas de mettre de l’IA partout. Il s’agit de déterminer où elle apporte réellement de la valeur dans un projet, et comment l’intégrer sans perdre la maîtrise de la qualité, de la sécurité, de l’architecture ou du produit.

« Sur un projet client, elle va accélérer certaines phases de développement, nous donner la possibilité d’explorer rapidement différentes solutions techniques, de faciliter la compréhension d’un code existant, de produire des tests ou encore de nous accompagner dans certaines tâches répétitives. Mais ces usages prennent tout leur sens lorsqu’ils sont associés à l’expertise de nos équipes. »

Alexandre Nozière

C’est cette capacité à relier technologie, métier et usages qui reste au cœur de notre approche.

Ne pas courir derrière l’IA, mais l’encadrer pour mieux l’utiliser

L’évolution actuelle est rapide et de nouveaux outils apparaissent en permanence. Pour autant, notre démarche ne consiste pas à courir après chaque nouveauté. Notre objectif est plutôt de comprendre concrètement ce que ces technologies changent dans notre métier et de faire évoluer progressivement nos méthodes de travail.

OpenStudio a mis en place un cadre pour améliorer et uniformiser l’utilisation de l’IA par nos développeurs :

  • Rédaction d’une charte IA en avril 2025 signé par l’ensemble des collaborateurs
  • Création d’un Focus group dans la foulée qui a donné naissance à la stack Claude-os début 2026.

Allier l’IA et notre expérience du métier

Avec vingt ans d’expérience dans le développement de services numériques, OpenStudio a les « bons codes » pour conseiller ses clients au mieux et assurer la pérennité de leurs outils. Utiliser l’IA sur des projets web sans expertise technique est un risque à long terme. Boites noires, cybersécurité, dettes techniques,…toutes ces problématiques reviendront plus tard comme un boomerang.

C’est dans cette complémentarité entre expertise métier, savoir-faire technique et nouveaux outils que nous voyons aujourd’hui une partie importante de l’avenir du développement numérique chez OpenStudio.