La crise sanitaire a mis en lumière la fragilité de notre stratégie industrielle et nous amène à développer des modèles de production plus agiles, plus distribués et plus résilients sur les territoires.

Dans ce contexte inédit, l’entreprise OpenStudio a développé, avec l’Université Clermont Auvergne (UCA), une première version de l’Atlas des Synergies Productives, un outil logiciel permettant d’évaluer les chaînes de valeurs productives. La création d’un tel outil s’inscrit dans une dynamique de relance industrielle et écologique par le local.

Le logiciel ne s’appuie que sur des données ouvertes.

Un outil d’aide à la décision pour l’optimisation de la résilience des systèmes productifs

L’Atlas des Synergies Productives est un outil, unique en France, à destination des services de l’État en Région, des collectivités (développement économique), des chambres et syndicats professionnels et des entreprises (diversification, relocalisation, digitalisation de la fonction achats). Basé sur l’analyse fine des données ouvertes (bases INSEE, SIRENE, ROME, Pôle emploi, douanes et modélisation localité/produits issue des travaux de recherche de l’Université d’Harvard), l’atlas des Synergies Productives utilise l’Intelligence Artificielle pour analyser et de prédire des biens et des connexions pour des entreprises d’une localité donnée. Il  est donc à la fois un outil de diagnostic pour identifier et documenter les zones de fragilités industrielles et un outil d’aide à la décision pour l’optimisation de la résilience productive et la décarbonation des filières industrielles. Concrètement, il offre les fonctionnalités opérationnelles suivantes.

 

  • La visualisation du potentiel productif d’un territoire donné avec les établissements présents et leurs biens fabriqués. Cette visualisation permet l’identification des établissements qui ont le potentiel de transformer leur production rapidement afin de faire face aux aléas et/ou de développer de nouveaux biens préalablement ciblés ou à fort potentiel économique. Un exemple est donné ci-dessous. Il s’agit de l’espace productif de la Région Auvergne Rhône Alpes dans lequel chaque couleur correspond à une catégorie de produits et les points grisés à des produits non fabriqués sur le territoire.

 

  • L’identification des besoins en ressources humaines des entreprises par la mise en évidence des compétences métiers. L’outil participe donc au développement de solutions adaptées aux problématiques locales : identification des compétences transférables, développement de nouvelles formations, mobilités professionnelles.

  • Propositions de scénarios de nouvelles synergies entre établissements qui permettent à la fois de prendre en compte des nouvelles exigences des consommateurs pour le local (transparence, traçabilité, circuits courts, réindustrialisation, soutien à l’économie de proximité) mais aussi des exigences de sécurisation des approvisionnements et des chaînes de valeurs industrielles. Pour cela, une modélisation des réseaux de production en rythme avec l’évolution du tissu économique local a été développée. Elle permet de générer des modèles temporalisés à partir des flux d’indicateurs sémantisés et reliés.  Il est alors possible d’évaluer la capacité qu’aurait un établissement A à fabriquer un produit B ou d’anticiper des collaborations potentielles entre N établissements proches au sens du savoir-faire industriel. Cette évaluation sera utilisée pour les systèmes de recommandation issues des techniques d’intelligence artificielle.

  • Les futurs secteurs de production (ou sauts productifs), favorisant la vitalité territoriale durable. Ces secteurs permettent l’émergence de deux types de compétences :
    • des compétences productives uniques qui se caractérisent par la création d’un bien qui n’existe pas sur le territoire mais qui possède un lien de compétences productives avec un bien existant.
    • des compétences productives collectives qui se caractérisent par la création d’un bien qui n’existe pas sur le territoire mais qui possède plus d’un lien de compétences productives avec d’autres biens existants.

Pour aller plus loin :