Mellia

Notre ruche connectée grâce à l’IoT et l’IA

OpenStudio est à l’initiative du projet « Mellia », une ruche connectée mêlant IoT et intelligence artificielle ayant pour objectif de surveiller à distance les conditions de vie des abeilles à l’intérieur et à l’extérieur de leur essaim.

Vers une solution complète, du capteur jusqu’à l’intelligence artificielle

Sensibles à la protection des abeilles et désireux de mettre nos compétences en IA et IoT (Internet Of Things) au service de l’environnement, nous développons « Mellia », une ruche d’un nouveau genre qui permet à un apiculteur de récolter des données optimisées sur la santé de ses abeilles sans avoir besoin de se déplacer, ni de les déranger. Un gain de temps considérable pouvant entraîner des interventions immédiates sur le site dès que les données le suggèrent.

Nous proposons un kit IoT, que nous adaptons sur des ruches de type Dadant 10 – le modèle le plus accessible et répandu aujourd’hui en France – , composé d’une balance connectée, d’une sonde et d’un capteur qui mesurent la température et l’humidité, à l’intérieur et extérieur de l’essaim, et enfin d’un capteur de pression de l’air. La tâche n’est pas aisée car le dispositif placé en pleine nature ne peut compter que sur ses propres réserves d’énergie et doit résister aux intempéries en tout genre. L’étanchéité des composants est un challenge important que nous tentons de relever. Nous souhaitons aussi fabriquer des balances, sondes et capteurs qui ne nuisent pas au mode de vie des abeilles.

D’autres défis s’annoncent avec la volonté de développer à terme de nouveaux capteurs destinés à mesurer la pollution, le changement climatique, l’apparition ou le développement de nouveaux prédateurs au sein de la ruche. Enfin, nos solides compétences en intelligence artificielle permettent de traiter et analyser les données récoltées. L’objectif est de créer de la valeur sur des données collectives issues de toutes les ruches.

Une innovation vitale face aux contraintes environnementales

D’après le ministère de l’agriculture, la France compte 1 360 000 colonies d’abeilles exploitées par 55 000 apiculteurs. Une activité profondément ancrée dans le tissu économique français d’une part par la production de miel et d’autre part pour la fonction pollinisatrice accomplie par les abeilles. On estime que 35% de la nourriture mondiale dépend à l’heure actuelle des insectes pollinisateurs dont font partis les abeilles.

Pourtant ce secteur est actuellement en pleine crise. L’activité humaine exerce une forte pression sur les écosystèmes et les abeilles en sont fragilisées. Le secteur de l’agriculture utilise les produits phytosanitaires et en particulier les néonicotinoïdes qui ont fait grimper en flèche la mortalité des colonies ces dernières années. De plus, les monocultures affaiblissent les abeilles et les rendent moins résistantes aux maladies et aux parasites.

Les flux de marchandises liés à l’économie mondialisée ont importé d’Asie deux menaces pour l’abeille européenne ; le tristement célèbre Vespa velutin, ou frelon asiatique, ainsi que le varroas destructor, un acarien qui se nourrit du tissu adipeux des abeilles jusqu’à leur mort.

Le réchauffement climatique et les hivers doux de ces dernières années perturbent également le cycle des abeilles qui n’hibernent plus et sortent butiner au mépris du givre parfois tardif, ce qui les conduit à mourir d’épuisement prématuré, de faim ou de froid.

Face à la mortalité croissantes des abeilles, le concept de « syndrome d’effondrement des ruches » ou « Colony Collapse Disorder » (CCD) en anglais a été formulé au début des années 2000. Ce syndrome a des conséquences écologiques importantes au vu de la force de l’interconnexion des abeilles à leur environnement. Selon l’INRA c’est la survie de 80% des plantes à fleurs qui est en jeu. Les conséquences sont aussi économiques. La production nationale de miel annuelle est à la baisse. On produisait 35 000 tonnes dans les années 90 contre 21 000 tonnes en 2020 soit 40% de moins. Chaque année les importations de miel augmentent fragilisant les acteurs locaux. On estime que 60% du miel consommé aujourd’hui en France vient de l’étranger, un fait bien souvent ignoré des consommateurs.

En réponse à cette crise, le métier d’apiculteur est en profonde transformation. Une mutation est amorcée pour passer d’un modèle artisanal à un modèle plus proche du productivisme agricole. On rationalise, on optimise et on mesure pour que chaque ruche soit la plus efficiente possible.

L’objectif étant de satisfaire une demande en miel toujours plus forte malgré une fragilisation des abeilles par les contraintes environnementales.

Dans ce contexte, une innovation comme Mellia devient vitale afin de pouvoir surveiller l’évolution des colonies en temps réel et donner à l’apiculteur les informations nécessaires aboutissant à une prise de décision qui soit la plus rapide et efficace possible. Notre démarche open source qui vise à collecter de nombreuses données pour ensuite les mettre à disposition de tous facilite également la recherche apicole, facteur déterminant dans la compréhension du fonctionnement des abeilles et l’évolution des pratiques.